lundi 3 avril 2017

21/ Le pays Toraja

Salamat pagi !

Nous sommes passés dans l'étonnant pays Toraja qui est une enclave entourée de montagnes au centre de l'île Sulawesi.


La première particularité que l'on remarque en arrivant au pays Toraja est ses toits traditionnels : très épais en raison des pluies fréquentes, et en forme de cornes de buffles !

Voici des greniers à riz ! On en voit un peu partout. Les précieuses récoltes de riz sont ainsi protégées par ces toits de la pluie, et par les poteaux arrondis qui empêchent les rongeurs de grimper !










Ces toits sont confectionnés avec des bambous coupés en 2 dans le sens de la longueur, et dont les morceaux sont emboîtés à la manière des tuiles romaines. Lorsqu'ils sont anciens la végétation pousse dessus et les oiseaux y font leurs nids, ce qui les rend encore plus étonnants ! 














Mais ces toits recouvrent aussi les maisons traditionnelles, qui possèdent en outre une colonne constituée des cornes des buffles sacrifiés lors des funérailles familiales (nous en reparlerons plus tard) ... résultat : une maison qui a de la gueule, non ?!



Nous avons remarqué que celle-ci avait même au sommet un crane humain ...  






Les habitants du pays Toraja qui étaient polythéistes et animistes y ont également intégré le christianisme apporté par les Hollandais, ce qui aboutit à un résultat très singulier !

Mais la particularité des habitants de cette région est l'importance donnée à la mort et aux funérailles.
Les classes sociales les plus élevées, celles qui peuvent sacrifier une trentaine de buffles lors des funérailles, enterrent les défunts dans des excavations creusées dans des falaises ... 





... et disposent à côté un "tau tau" (statue de bois) représentant le défunt.
















il est même aujourd'hui possible d'acheter des petits "tau tau" en souvenir ... 

Pur les Torajas les défunts poursuivent leur vie dans un au-delà qu'ils appellent "le sud, au delà de l'horizon".

Ils pensent aussi que les défunts reviennent parfois parler à leurs amis ou à leur famille durant leurs rêves. Cette croyance m'évoque la chanson de Yannick Noah, "Simon papa tara", au sujet de son grand père, qui relate une croyance africaine identique !










Mais les classes sociales les plus basses, enterrent leurs morts dans des grottes naturelles, au fonds desquelles sont placés les cercueils aux formes de cornes de buffle et leurs tau tau (s?) ...





... ou, pour les plus pauvres, où sont simplement déposés les corps ...

















Dans certains villages reculés dans la campagne, un autre rite très particulier : les dépouilles de bébés sont placés debout dans un trou creusé dans un arbre, afin de continuer à grandir avec l'arbre ... 


















Les funérailles sont un événement

très important pour les familles, elles durent plusieurs jours et certains invités viennent parfois d'autres îles. Des funérailles fastueuses permettent d'honorer le défunt, qui pour les Torajas, continue de vivre "ailleurs".

Il est possible d'y assister accompagné d'un guide, en respectant la coutume d'apporter un cadeau qui est généralement quelques kilos de sucre ! L'ambiance est détendue et respectueuse, et la famille nous remercie d'être venue.



Des buffles et des cochons sont sacrifiés au cours de ces journées ... nous n'y avons pas assisté car nous sommes heureusement arrivés entre deux sacrifices ... 











Du boeuf qui vient d'être sacrifié, tout servira. Ici, la viande vient d'être partagée entre les convives, par ordre d'importance, il reste la peau et la queue, qui seront utilisés pour le cuir. 






Ces jeunes femmes portent un costume traditionnel toraja, très coloré. Certains convives portent aussi du noir.





Les branches de la familles arrivent précédé d'un prêtre dansant et chantant dans un micro ... 


Des hommes se regroupent en cercle et se mettent à chanter pour le défunt.



A l'image de leur religion, leurs tenues vestimentaires peuvent être un amalgame de divers influences !














Les hollandais ont colonisé ces terres, en compétition avec les chinois, les arabes et les portugais, avec plus ou moins de succès. Ils n'ont pas forcément laissé d'excellents souvenirs de leur présence. Aujourd'hui, au pays Toraja, lorsqu'un enfant n'est pas sage, on le menace de le laisser emporter par les hollandais ...










Le lendemain nous poursuivons la découverte de la région :


Nous commençons par un marché aux animaux ...



















Un warung ambulant vient s'installer, un petit café ??













On y vend des boeufs, des cochons, mais aussi des coqs de combat ...






... dont l'agressivité peut être testée avant l'achat !























En Europe il aurait tourné dans une pub Milka, ici ce boeuf bi-colore sera vendu une petite fortune à une famille endeuillée, pour le sacrifice : ses couleurs symbolisent à la fois le monde terrestre (noir) et le monde spirituel (blanc).














Dans les villages, le riz sèche sur le sol avant d'être remonté dans les greniers.








Chaque plan de riz est repiqué dans la boue, sur une ligne continue, après une première pousse ... Toute la famille s'y met, enfants compris ... De la première rencontre il y a plusieurs années au Maroc avec un garçon plus âgé qu'eux qui n'allait pas à l'école, jusqu'au Mexique l'année dernière où des enfants ciraient des chaussures, durant ces voyages Joachim et Alexis nos rappellent qu'ils ont vraiment conscience de la chance qu'ils ont de pouvoir aller à l'école.


Deux splendeurs d'extrème orient.














Les rizières en terrasses, dans les montagnes du pays toraja.


















Mais si ces rizières sont si vertes c'est parce qu'il y a de l'eau ... ici l'orage s'annonce !

















Les Torajas raffolent des combats de coqs mais aussi de buffles !!


















qui passionnent tout le public !

























Maisons torajas dans les rizières.
















L'étonnant pays Toraja nous a ainsi beaucoup plu, nous poursuivons notre route vers le nord de l'île Sulawesi.





La rubrique Sékoisa du jour :



Les voyages peuvent changer les personnes. Qui se souvient de ce film et de la transformation des 2 héros ?











dimanche 2 avril 2017

20/ Makassar porte d'entrée de Sulawesi


Salamat pagi les amis !



Principal port de l'île rurale de Sulawesi, Makassar est une ville développée, où l'on ressent une atmosphère un peu bourgeoise (pour l'Indonésie) et qui ne manque pas d'ambition pour l'avenir !!














Cette citée possède un port tout neuf avec de nombreuses liaisons vers d'autres ports majeurs du pays, ce qui explique sa prospérité.





Pour échapper aux chaleurs du début d'après-midi, nous nous sommes réfugions dans ce grand centre commercial climatisé en sous-sol; comme il faut hélas déjà penser à organiser notre retour, nous en profitons pour acheter nos billets d'avion de vols intérieurs vers Jakarta.












Toujours dans le centre commercial ... dans ce pays où les habitants pratiquent peu le football, préférant le badminton et le chinlon (sorte de beach-volley ancestral joué dans beaucoup de pays d'Asie, avec un ballon en osier), les sociétés internationales sont arrivées à créer un besoin artificiel : beaucoup de jeunes portent ainsi pour la frime des T-shirts de club de foot qui ne les intéressent pas vraiment ... 





















Encore dans le centre commercial, un magasin "muslim fashion". Là, ce sont les vêtements pour petites filles qui m'irritent un peu ...




















Makassar est aussi surprenante : ses habitants sont actifs et sportifs. Dans ce parc du centre-ville, les hommes font leur jogging à une bonne allure et les femmes pratiquent le step en plein air. Musique à fond !!

Nous avions vu la même chose au Vietnam ... il y a peut être un créneau à exploiter à Ajaccio ?!












Makassar offre également une bien belle promenade sur le bord de mer, en soirée, face au port .
















Les enfants s'y amusent, avec leurs tous nouveaux gadgets ...

























Sulawesi n'est pas Bali !! Nous n'avons pas croisé d'autres touristes et nous attirons le regard.









Il ne fallait pas compter échapper aux séances de selfies !! Les boys ont du succès.













A Makassar, la présence chrétienne est discrète; nous avons déjà vu des églises depuis le début de notre voyage, mais c'est la première fois que nous entendons les cloches sonner.






















Makassar et sa jolie mosquée flottante, à l'entrée du port ...
























Plus loin sur le bord de mer, quand la température redevient plus douce, des tables et des chaises sont installées. Cette atmosphère paisible de soirée au bord de l'eau me rappelle les échoppes à poisson le long du Mékong, à Vientianne.





















Les échoppes ouvrent et proposent des jus de fruits frais et de délicieux "Pisang épé" (bananes grillées).














C'est succulent et consistant !!! Nappage au choix : chocolat noir, jus de palme, caramel, noix de coco rapée ... Enak !! (délicieux)

















Les jeunes habitants de Makassar viennent admirer le coucher du soleil en sirotant un jus bien frais. Ils ont raison, c'est vraiment magique.
















C'est à Makassar, devant le fort Rotterdam, dans un petit "restaurant" au bord de la mer, que nous avons mangé (sans couverts) les meilleurs poissons de tout notre voyage !!! (pour moins de 15 euros)














Mais Makassar n'est qu'une courte étape pour aller découvrir l'intérieur de l' île de Sulawesi; nous partons par un bus de nuit ... avec de véritables couchettes !!! Nous n'avions jamais vu ça ! 






















Si vous allez à Sulawasi, vous reconnaîtrez facilement Rantepao par cette immense croix installée sur la colline qui surplombe la ville.
















Rantepao est au coeur du pays Toraja, au centre de Sulawesi, entouré de montagnes, et longtemps coupé du reste de l'Indonésie. Ici on se sent (très) loin du monde occidental. C'est parfait.














Cette photo figurera parmi nos préférées. C'est ma copine du marché. Elle rie beaucoup et respire la joie de vivre.
























Le pays Toraja (qui fera l'objet d'un prochain et surprenant post) est en altitude. Il pleut assez souvent et il fait frais : les conditions sont idéales pour la pousse du café, une des spécialités du coin.



















Ici on vend des bananes et des poissons rouges !!





















De jeunes collégiennes reviennent de cours, comme dans tout le pays elles portent (comme les garçons) un uniforme (différent selon les écoles).

















Fin de ce post, on termine donc par la rubrique Sékoisa :

Le Sékoissa du jour : Que devinez-vous dans cette assiette ??




Et réponses de Sékoissa précédents :



Béa, Florence et Isabelle avaient bien deviné : Pédicure vivante par des petits poissons "croqueurs" à Ubud (Bali), ça chatouille, seul Eric a osé ! 






















et pour cette devanture d'un petit restaurant : sa mère s'étant remarié avec un indonésien, Barack Obama a passé dans son enfance 4 ans à Java. 












Nous vous conseillons vivement de ne pas rater le prochain post sur les coutumes étranges du pays Toraja !

A Prestu.